Les métiers de l’Energie – Magazine REBONDIR – juin 2013

Les métiers de l’Energie – Magazine REBONDIR – juin 2013

 

« QUELQU’UN DE NIVEAU BTS QUI PARLE TRES BIEN ANGLAIS PEUT CONCURRENCER CERTAINS INGENIEURS »

Le secteur de l’énergie n’est pas réservé aux ingénieurs. S’il est vrai que ce domaine, bien que vaste, demande des compétences techniques, vous avez plus de chance de vous démarquer avec un bon niveau d’anglais et du savoir être. Les explications de Pierre Triau, dirigeant du cabinet de recrutement Avantage Consulting.

 

Est-ce-que l’énergie est  un secteur qui recrute des personnes peu diplômées ?

Tout à fait. C’est un secteur qui recrute des diplômés, mais aussi des peu diplômés, des BEP, Bac pro, BTS techniques, etc.

 

Sur quels métiers peut se positionner quelqu’un de peu diplômé ?

Cela va des techniciens en installation, en dépannage, etc., jusqu’aux bureaux d’études. Il y a aussi les métiers de technico-constructeurs ou des installateurs. Certains constructeurs préfèrent même embaucher quelqu’un avec un BTS  technique et en faire un commercial. La limite qui existe par rapport aux ingénieurs ou aux niveaux d’études supérieurs sur ces postes-là, souvent ce n’est pas le diplôme mais la faculté à parler anglais. Les entreprises qui embauchent  des technico-commerciaux sont la plupart du temps des groupes internationaux où les supports de documentation sont en anglais et où même les formations sont parfois assurées dans cette langue. Et hélas, c’est là que les peu diplômés jusqu’au             BTS peuvent connaître des difficultés. Mais quelqu’un de niveau BTS qui parle très bien anglais peut parfaitement tirer son épingle du jeu et même concurrencer certains ingénieurs.

 

Est-ce qu’il  y a des métiers où les recruteurs ont plus de mal à trouver des candidats ?

Dans tous les métiers liés à l’énergie. Que cela soit dans la climatisation, le froid, le chauffage, l’électricité, le commerce, l’installation, la maintenance, on est sur des métiers de totale pénurie. Ce sont des métiers sur lesquels on a une pénurie chronique depuis des années. Et cela est valable jusqu’au niveau ingénieur.

 

A quoi est due cette pénurie ?

C’est lié au fait que ce sont des métiers techniques. L’électricité n’attire pas. Les jeunes aujourd’hui ont envie d’aller dans les ressources humaines ou de faire du marketing. Dès que c’est un  peu plus technique, c’est plus difficile. Et puis, ce sont des métiers qui sont liés à l’industrie et au bâtiment et qui donc n’ont pas une attractivité très importante.

 

Dans l’énergie, est-ce qu’il y a des filières plus dynamiques que d’autres ?

Tous les métiers liés aux énergies traditionnelles continuent à fonctionner fortement. L’électricité, la climatisation et le chauffage sont des gros demandeurs. Aujourd’hui, ce qui est en train de se développer c’est tout ce qui est lié aux énergies renouvelables au sens large et à l’efficacité énergétique.

 

Dans les énergies renouvelables, sur quels métiers peut se positionner quelqu’un de peu diplômé ?

Là aussi, c’est essentiellement ouvert à des gens qui ont un métier technique à la base, même peu diplômés. Une voie royale par exemple, c’est de faire un bac ou un BTS      électronique. Cela donne l’opportunité de travailler aussi bien dans le domaine de la climatisation, que celui du chauffage ou de l’efficacité énergétique. Après il faut juste compléter ce diplôme par des expériences ou des formations en entreprises qui vont amener un plus. Et n’oublions pas aussi l’artisanat qui est un des principaux employeurs de France. Et qui est très demandeur de professionnels dans le secteur de l’énergie.

 

Quels sont les types d’entreprises qui recrutent dans le secteur de l’énergie ?

Toutes les tailles d’entreprises, depuis l’artisan jusqu’à la PME en passant par les grands groupes comme Cegelec ou Vinci. Par exemple, dans le domaine de l’électricité, je crois qu’EDF va être un des plus gros recruteurs en 2013. La palette est vraiment très large.

 

Est-ce tout de même un secteur dans lequel on peut rentrer sans expérience ou diplôme spécifique ?

Rentrer dans ce secteur sans au minimum un BEP ou un bac pro c’est vraiment difficile. C’est un domaine qui demande quand même une formation technique à la base. Et c’est également la voie royale pour quelqu’un qui voudrait créer sa propre petite entreprise. Si demain quelqu’un veut monter sa structure dans le domaine du chauffage, du froid, de la climatisation, de l’électricité, etc., et qu’il a un minimum de sens commercial et de la relation client cela est possible. Il y a tellement une pénurie et une demande que c’est un secteur où l’on peut créer de la ressource.

 

Comment un candidat peut tirer son épingle du jeu ?

S’il peut se démarquer au niveau linguistique, parce qu’il parle anglais, cela peut vraiment aider. Ensuite, il faut qu’il mette l’accent sur son comportement, son sens de la relation client… Parce qu’aujourd’hui quand un technicien va dépanner une installation de climatisation, d’électricité ou autre, s’il a un bon relationnel avec le client, c’est vraiment ce qui fait la différence. Et puis après, ce sont ses capacités à manager et à encadrer qui peuvent le différencier.

 

Justement, quelles sont les possibilités d’évolution pour un technicien ?

Il peut très bien devenir charge d’affaires. C’est celui qui pilote les techniciens, les sous-traitants, qui est en relation avec les clients et qui négocie éventuellement les achats et les approvisionnements. Il faut avoir des notions de management, de gestion, de respect des délais, de relation avec les clients,  etc.

 

Quelles sont les qualités recherchées par les entreprises ?

En dehors des qualités techniques et commerciales, c’est la valeur de l’individu qui compte. Les entreprises vont chercher tout ce qui va apporter de la valeur ajoutée en termes de comportement et de culture.